L’ adoption est une démarche qui demande de l’abnégation, l’intérêt de l’enfant devant toujours prévaloir. Mais dans le cas de Diane, qui était déjà maman avant d’arriver à Haïti, c’est une bataille administrative hors du commun qu’elle va mener pour sauver Raphaël, bébé non désiré et abandonné à la naissance, sa mère biologique n’ayant pas les moyens de s’en occuper.

Un documentaire de Jérôme-Clément Wilz
Intitulé « Le fils », ce documentaire accessible jusqu’au 20 avril 2025 sur la plateforme de France Télévisions et réalisé par Jérôme-Clément Wiltz, a nécessité 5 ans de tournage. Il suit le parcours de Diane, une québécoise qui débarque en Haïti après des déboires conjugales et où elle y exerce son métier d’enseignante.
Un jour, on lui confie le petit Rapahel, bébé né prématurément et abandonné par sa mère. Dès lors, elle va s’attacher à cet enfant dont l’espérance de vie était compromise.
Diane explique : « Tout le monde dans le quartier le voyait mort. Des médecins et des infirmières ont dit « celui-là, il survivra peut-être pas »… Alors Raphaël a passé huit à dix heures par jour dans l’eau, dans une cuvette d’eau à la température du corps, pour le remettre un peu dans son bain utérin, si je puis m’exprimer ainsi. Quand il n’était pas dans ses bains, il était sur ma poitrine. Mon corps était devenu un incubateur. C’est comme ça qu’il a été sauvé ».
Une adoption compromise par l’administration locale
Le lien qui s’établit avec l’enfant est si fort qu’elle envisage une procédure d’ adoption afin de pouvoir quitter Haïti où les conditions de vie sont précaires et alors que ses ressources financières s’épuisent. S’engage alors une bataille administrative sans relâche en vue d’une adoption. L’administration locale ne l’entend pas de cette oreille jugeant les documents fournis par Diane non conformes et multiplie les manœuvres dilatoires.
De galères en galères, le temps passe et Diane, dont la santé se fragilise, commence à s’imaginer devoir repartir sans Raphaël ne serait-ce que pour revoir ses enfants et s’occuper un peu d’elle tout en continuant les démarches à distance. Une idée inconcevable pour Raphaël qui a déjà bien grandi aux côtés de cette maman d’adoption : « Si on m’envoie à l’orphelinat, j’attendrai. J’attendrai que maman vienne me chercher » déclare-t-il au réalisateur.
Je n’ai pas de fils adoptif et pas de fils biologiques. J’ai trois fils !
Tout autant inconcevable pour Diane qui s’est occupé de lui sans faire de différence avec ses propres enfants : « Mon fils aîné m’a dit « maman t’es trop malade, il faut que tu rentres. Tu as sauvé la peau du p’tit, il est vivant, sauve ta peau et va le porter à l’orphelinat ». Je n’ai pas écouté son conseil car l’attachement maternel était devenu trop fort, il n’avait que 7 mois, ça aurait été cruel de l’abandonner ». Le réalisateur Jérôme-Clément Wiltz lui demande alors si elle n’a pas eu l’impression de devoir choisir entre son fils adoptif et ses fils biologiques. Elle lui répond sans hésiter : « Je t’arrête tout de suite, moi j’ai pas de fils adoptif et pas de fils biologiques. J’ai trois fils, que les choses soient claires ! ».

Un documentaire poignant qui témoigne des liens forts entre une mère et un fils adoptif
Tiraillée entre la nécessité de devoir quitter Haïti et l’amour qu’elle porte envers ce fils adoptif qu’elle ne veut surtout pas confronter une seconde fois à l’abandon, la décision d’être restée pour s’occuper de Raphaël a déjà terni les relations avec un de ses autres fils qui a rompu le dialogue avec elle.
Magnifiquement réalisé et poignant, ce documentaire témoigne des liens affectifs forts qui peuvent naître entre une mère et un fils d’adoption. Il témoigne aussi de la difficulté à faire famille. On ne vous en dévoilera pas l’épilogue mais ne manquez pas le générique de fin.
Références :
50 nuances de doc – « Le fils » / réalisé par Jérôme-Clément Wiltz en 2023.
À voir sur la plateforme France TV en suivant ce lien.

